
Des ouvriers courageux sont venus installer ces délimitations en bois dans le voisinage avant-hier, en plein blizzard, par un froid polaire. En Suisse, c’est la première étape avant de construire le bâtiment lui-même. C’est un bon signe car ces délimitations ne sont pas les seules dans le village: d’après les formes, il y en a pour des habitations et pour des entreprises, signe évident de la reprise. Tout est prêt pour le démarrage des travaux qui commenceront probablement ce printemps.
Il y a des petits signes de reprise, comme ça… Ce sont, par exemple, à la Chaux-de-Fonds, des entreprises d’interim qui sortent leurs offres d’emploi épinglées sur des panneaux disposés sur les trottoirs ou bien la radio qui annonce des prévisions de croissance pour 2010 revues à la hausse (au dessus de 1%).
Je ne veux pas parler d’Emmy, notre chat mais de notre situation, je m’explique: pour que nous puissions améliorer notre situation financière, il nous faudrait déménager un peu plus près des grandes villes, afin que Pumpkin puisse trouver plus facilement un travail, ce qui est fort probable (elle a des réponses presque positives mais elle doit se justifier pour la distance, justement).
Or, pour pouvoir déménager, il nous faudrait trouver l’argent du déménagement (caution pour un nouvel appartement, déménagement en lui-même, premier loyer qui sera forcément plus élevé que le nôtre actuellement), ce qui est impossible étant donné que Pumpkin n’est pas employée et n’a donc pas de revenu. Quelle situation ubuesque qui nous force à être cloués et à ne pas avancer!
Inutile de vous dire que je déteste ce genre de situation. Je me suis définitivement fixé pour règle de vie la suivant: si les règles du jeu te sont contraires, ne joue pas à ce jeu et va voir ailleurs! C’est d’autant plus rageant que la Suisse vient de connaître sa première baisse du chômage depuis belle lurette: le taux est passé de 4,5% à 4,4% en février.

Souvenez-vous que l’éternel adolescent que je suis s’est offert Call of Duty Modern Warfare 2 pour noël. Hé bien ce n’est qu’au début de cette semaine que je me suis mis à jouer en ligne, avec des joueurs du monde entier à se tirer les uns sur les autres. Comme d’habitude, Pumpkin avait raison lorsqu’elle m’avait conseillée de commencer par là dès le début, se doutant bien que ce serait le pied pour moi; Pumpkin que je devrais écouter plus souvent.
C’est un bon anti stress, bien que l’on sente vite l’adrénaline monter. Au début, c’est à dire il y a six jours, j’étais aussi rapide et habile qu’une nouille; “get out, you suck!” avais-je même entendu (on peut même se parler, mais cela se fait rarement car les bavards peuvent être bloqués). Mais maintenant, je me suis rendu compte que je mourrai moins vite (oui, c’est violent mais on meurt pour de faux), car selon les dispositions, on peut ressusciter ou non et retourner immédiatement au casse-pipe à partir d’un autre endroit, le but étant la conquête du maximum de territoire.
Oui, le jeu est violent mais j’assume. Je n’irais pas après une partie flinguer les passants dans les rues et j’imagine que l’immense majorité des joueurs ne sont là que pour passer un bon moment. D’ailleurs, le jeu est limité aux plus de dix-huit ans, comme pour les films porno et d’après les surnoms, il semblerait que bon nombre de mes comparses soient comme moi des adultes dans la pleine force de l’âge.