Commune d’origine

J’ai eu une discussion aujourd’hui avec un employé de gare qui m’a expliqué le concept de commune d’origine. La commune d’origine n’a la plupart du temps rien à voir avec la commune de résidence, ni même la commune de naissance. Le citoyen suisse est d’abord membre d’une commune appelée la commune d’origine dont il est bourgeois et dont l’appartenance lui a été transmise par filiation. Cette notion de bourgeoisie est une survivance médiévale qui avait son utilité: jusqu’à l’introduction des assurances sociales, c’était à la commune d’origine de subvenir aux besoins des indigents parmi ses membres pour éviter aux communes les plus riches d’attirer les pauvres.

L’étranger qui devient suisse sera enregistré dans la commune dans laquelle il a demandé la nationalité et transmettra donc sa commune d’origine à ses enfants. En Suisse, l’appartenance à une commune (droit de cité) est aussi considérée comme un élément de l’état civil.

Je ne sais pas pourquoi, mais le titre de bourgeois de Neuchâtel par exemple ne me déplairais pas.

Pour info, les CFF organisent deux jours “Journées Retour aux sources” à 15 CHF (1 jour)

Pour les Suisses, l’offre est valable entre le lieu de résidence et la commune d’origine et pour les étrangers, cela “donne droit à un voyage aller et retour entre le lieu de domicile et une gare CFF entre Arth-Goldau et Göschenen” (Suisse “primitive”).

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11 thoughts on “Commune d’origine”

  1. Mon copain est bourgeois d’un bled perdu en Suisse Allemande, il n’y a jamais mis les pieds 😉
    Moi je suis en pleine naturalisation, normalement c’est bon je vais avoir la bourgeoisie du village où j’habite!
    Car on m’avait dit au téléphone: Vous serez affiliée dans le village où vous avez vécu le plus longtemps, s’ils veulent de vous.
    Zont pas voulu de moi les paysans de mon tit village du Jura, tant pis pour eux!

  2. Très intéressant cet éclairage sur la notion de bourgeois. Et il y a aussi quelque chose qui m’a toujours marqué : un Suisse vous dira rarement “je suis Suisse”, il vous dira “je suis Lausannois” ou “je suis Genevois” en parlant bien sûr de leur commune d’origine. Après le fédéralisme, le cantonalisme, voici le communalisme.

  3. Dr CaSo: La Suisse, c’est plein de bourges, c’est bien connu 😉
    Speedy80: Mais ont-ils donné la raison de ce refus? Quel est-il, ce village de mufles?
    Anne: très joli, ton coin d’origine. Tu dois en être fière!
    David: Ces différentes strates de pouvoir sont une des originalités de la démocratie suisse mais en même temps, je pense qu’il peut y avoir de l’abus dès qu’on laisse un pouvoir décisionnel concernant des personnes à un niveau communal voire cantonal. J’en veux pour exemple au niveau communal l’exemple de Speedy80 et au niveau cantonal pour la naturalisation (pour Uri par exemple qui demande que l’on réside 10 ans consécutives dans le canton!). Pas étonnant que ce canton ait un accroissement naturel nul et un solde migratoire quasiment nul.

  4. C’est un tout petit village de moins de 200 habitants. Quoique maintenant, avec toutes les constructions, il doit y avoir un peu plus de monde! Mais à l’époque il y avait plus de vaches que de personnes 😉 C’est au-dessus d’Aubonne, dans la région de Gimel. Tant pis pour eux!

  5. Certain parfois peuvent avoir deux communes d’origines … véridiques, quand j’ai refait mon passeport ou pour une autre formalité identitaire (me souviens plus trop) on m’a demandé de choisir entre mon origine Rapperswilloise (Berne) ou Lausannoise xD.

    Cela s’explique par le faite qu’il fut un temps ou Lausanne proposa sa bourgeoisie pour un prix “soldé” il y a plusieurs décennies. C’était en fait à l’époque de mon grand père, ses parents avaient quitter leur campagne bernoise pour venir s’installer à Lausanne. (tient, des bernois en terre vaudoise, ça me rapelle mes cours d’histoire ça xD) Mon grand père naquit donc à Lausanne et donc fut parmis les premiers romands de la famille, il apprit le français à l’école et vécut toute sa vie à Lausanne. Bref, lorsque la ville proposa sa bourgeoisie à bas prix (pour une raison inconnue, peut être pour attirer une population ouvrière ou quelque chose comme ça) mon grand père se dit surement qu’il valait mieux passer sa retraite ici que dans un village dont il ne parlait pas ou peu la langue et ou il n’avait jamais vécut.

    Par conséquent, je put choisir mon origine figurant sur mes papiers, dingue non? Mais pour l’administration je suis bi … heu bioriginaire? xD

  6. Quand je serai naturalisée je deviendrai bourgeoise (ou plus exactement “attinente” comme on dit chez nous en Suisse italienne) d’une commune du Mendrisiotto dont toute ma belle-famille est déjà originaire. En Tessin il y a aussi les “patrizi”, les familles fondatrices des pays, en plus de la bourgeoisie.

  7. C’est très intéressant. Je vois que la traduction de “patrizi” donne patricien en français, une référence à l’élite romaine en son temps, sans doute.

  8. En fait, sous cette appellation d’apparence élitiste, le “patriziato” tessinois est l’héritier de la “vicinanza”, entité regroupant les premières familles (par opposition aux “nouveaux arrivants”) des communes dont les membres géraient les ressources naturelles (bois, terrains) de manière démocratique. Chaque “patrizio” (bourgeois de longue date, parfois plusieurs siècles) a une voix dans le conseil patricial de sa commune.

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