Les femmes en politique suisse

Voilà ce qu’on pouvait entendre dans les discours des opposants du droit de vote des femmes dans le canton de Neuchâtel en 1941:
“A quoi aboutit le suffrage féminin? Ou bien la femme vote comme l’homme, et alors cela ne change rien à rien. Ou bien elle vote contre son mari, et alors c’est la discorde dans la famille. Electeurs, protégez vos foyers, votez non!” (L’Impartial)

Cette pensée laissait augurer d’une longue route pour le droit de vote féminin et pour l’élection des femmes.

L’introduction du droit de vote féminin au niveau cantonal a été décidé canton par canton, le premier étant Vaud en 1959 alors qu’au niveau fédéral, il faudra attendre 1971 pour que les femmes puissent accéder à l’isoloir. Enfin, le 27 novembre 1990, le canton Appenzell Rhodes-Intérieures est le dernier canton à tomber, et encore, suite à un jugement du Tribunal fédéral suisse: il fallait bien leur botter le cul pour qu’ils se décident.

Hier, un pas de plus a été franchi: Esther Waeber Kalbermatten est la première femme a être élue à l’exécutif de la forteresse valaisanne. Le Valais était le dernier canton suisse où aucune femme n’avait accédé à l’exécutif.
 
Pour terminer par une autre image positive, voici la composition du gouvernement suisse:

Conseil fédéral suisse
Le Conseil fédéral 2009 offre l’image d’une parité parfaite. En plus les femmes n’y occupent pas des postes de potiches. De gauche à droite:
Ueli Maurer, conseiller fédéral, département fédéral de la Défense, de la Protection de la population et des Sports.
Micheline Calmy-Rey, conseillère fédérale, département fédéral des Affaires étrangères.
Moritz Leuenberger, conseiller fédéral, département fédéral de l’Environnement, des Transports, de l’Énergie et de la Communication.
Hans-Rudolf Merz, Président de la Confédération, département fédéral des Finances.
Doris Leuthard (vice-présidente), conseillère fédérale, département fédéral de l’Économie.
Pascal Couchepin, conseiller fédéral, département fédéral de l’Intérieur.
Eveline Widmer-Schlumpf, conseillère fédérale, département fédéral de Justice et Police.
Corina Casanova, chancelière de la Confédération (chef de l’administration du Conseil fédéral), techniquement pas conseillère fédérale, mais également élue par l’Assemblée fédérale.

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4 thoughts on “Les femmes en politique suisse”

  1. On connait très mal les personnalités politiques suisses. Avec un changement de président(e) tous les ans, c’est déjà difficile, sans parler des exécutifs dans chaque canton…
    Si on demandait aux Français ou aux Allemands qui préside la Suisse, je suis sûr qu’il n’y aurait pas 5% des gens qui sauraient répondre. Comme quand on demande aux Américains qui dirige le Canada. 😉

    Pourtant, d’après ce que je lis, la Suisse donnerait d’elle même une image moderne et ouverte.

    Pourquoi cette “discrétion”?

  2. Je sais pas si c’est de la discrétion ou de la complexité, tout simplement. Retenir le nom d’une personne (Harper, pour reprendre l’example d’Olivier) c’est déjà assez compliqué, alors retenir le nom de SEPT personnes?? D’autant plus que ça change tout le temps, que les mêmes personnes peuvent être présidentes plusieurs fois mais pas à la suite, que c’est des noms compliqués (suisses-allemands par exemple), etc. Nan, franchement, même pour les suisses c’est pas toujours évident de savoir qui est président!

    Ceci-dit, ça change vite tout ça! Il ne reste plus personne de tous ceux de mon temps… à part peut-être Couchepin.

  3. Je pense que le pouvoir suisse a les désavantages de ses avantages, c’est à dire qu’il doit y avoir concordance entre des points de vue de personnes de partis différents mais en revanche il n’y a pas de personnalisation du pouvoir.
    En outre la suisse est un petit pays donc il est un peu normal qu’on ne connaisse pas ses dirigeants. Qui connaît les présidents de la Norvège, de la Hongrie, du Guatemala etc…

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