Le canton du Jura a 30 ans

Le 24 septembre 1978, le peuple suisse a approuvé la création d’un 26 ème canton. Pas de sang, pas de conflit armé, pas d’animosité depuis: nous sommes loin du cas belge. C’est la force de la démocratie suisse, probablement la seule démocratie au monde qui donne le véritable pouvoir décisionnel au peuple et non à représentants: elle est présente au plus petit niveau, c’est à dire au niveau de la commune et permet de satisfaire chacun. La commune alémanique de Laufon, par exemple, a quitté le Jura en 1994 pour rejoindre le canton de Bâle-Campagne alors que la commune de Vellerat a quitté le canton de Berne en 1996 pour devenir la 83e commune jurassienne.
Le canton est suisse mais il est connu pour son esprit frondeur et non conformiste: les étrangers ont le droit de vote actif au niveau communal et cantonal, et d’un droit d’éligibilité dans les législatifs communaux.

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7 thoughts on “Le canton du Jura a 30 ans”

  1. Laufon a quitté le canton de Berne et non le canton du Jura en 1994…

    Sans conflits, on voit que tu n’as pas vécu la période des plébiscites (années septante) ! Combien de fois nous sommes-nous fait caillasser avec les plaques bernoises ou avons-nous dû traverser les zones “rebelles” la peur au ventre à cette période…

    Faut pas trop idéaliser non plus. En général, les conflits se résolvent de manière plutôt pacifique, mais je rappelle que la Suisse, avant la Constitution de 1873 (et la consolidation de la démocratie semi-directe), a connu un nombre record de guerres civiles, dont la dernière eut lieu en 1847-1848.

    Un Bernois

  2. Entre Moutier et Delémont, surtout. Moutier, c’était particulièrement chaud en 1974-76, souvenirs de grenadiers, barricades, gaz lacrymos… Avec l’affaire des caisses noires, le canton de Berne s’est même retrouvé au bord de l’implosion.

    Heureusement, tout se passe de manière plus civilisée aujourd’hui avec l’Assemblée interjurassienne et les béliers / sangliers ont perdu de leur agressivité. Mais rien ne dit que les temps troublés ne reviendront plus jamais.

  3. Mais n’avaient-ils pas tous des plaques bernoises à l’époque, même dans le Jura actuel? Pour Moutier, c’est assez drôle car ils ont choisi apparemment de rester bernois.

  4. Ils les avaient “graffitées” en plaques jurassiennes, comme ça on savait qui était qui. Moutier, ça s’est joué à un cheveu et il y a eu du trafic de votes (certains votes ont été achetés avec les “caisses noires” justement).

    Un “crash Kurs” d’histoire jurassienne s’impose…

    Il est vrai que les Suisses n’aiment pas parler de “ça” avec les étrangers.

  5. Bof, pourquoi ne parlerait-on pas de ça avec qui que ce soit ? Peut-être certains Jurassiens ou Bernois ayant des valeurs identitaires très fortes n’aiment-ils pas devoir tout expliquer aux néophytes en matière de mouvement séparatiste/anti-séparatiste… Et puis tout n’est pas rationnel, donc effectivement difficilement explicable de façon cartésienne. Mais pour les cantons moins concernés, ce n’est pas un problème de parler de ça, sauf qu’en général, ces luttes intestines sont mal connues de ceux qui ne les ont pas vécues…

    Vilay, je te félicite pour l’intérêt dont tu fais montre par rapport au pays dans lequel tu vis !

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