Permis C, la vis se resserre et la frontière s’ouvre

La majorité de la Commission des institutions politiques du Conseil des États vient d’adopter deux mesures qui rendent l’obtention d’un permis de résident suisse moins évidente: d’une part, l’obtention du permis C est sujette à une bonne intégration, c’est à dire à la maîtrise d’une langue nationale, d’autre part, pour les étrangers mal intégrés, il pourrait y avoir un retrait du permis C en faveur d’un permis à l’année notamment pour les personnes «dont le comportement fait apparaître qu’elles défendent des positions extrémistes ou fondamentalistes, y compris dans le cercle familial, et tentent d’imposer des points de vue en contradiction avec notre État de droit libre et démocratique».
Avec cette autorisation, il reste au Conseil National d’élaborer un projet de loi en ce sens.

Cette loi ne me dérange pas car je trouve normal que devoir parler la langue de l’endroit où l’on se trouve si l’on veut prendre le (long) chemin vers la naturalisation.

Dans le même temps, la Suisse n’a jamais accueilli autant d’étrangers: il y a eu l’année dernière 165 000 entrées pour seulement 90 200 départs, soit un solde migratoire positif de d’environ 75 000, en hausse de 92%! Deux raisons à cela: la bonne conjoncture économique et l’entrée en vigueur le 1er juin dernier, de la libre circulation complète des personnes avec les 17 pays de l’Union européenne et les pays de l’AELE. Le taux de croissance démographique de la Suisse a été le plus élevé en 30 ans à 1,1% et selon les chiffres des premiers mois de l’année 2008, ce taux sera largement dépassé pour s’établir à un record sans précédent (pour les six premiers mois, on arrive à un cumul de +0,7%), ce qui placerait la Suisse en tête de tous les pays occidentaux.

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7 thoughts on “Permis C, la vis se resserre et la frontière s’ouvre”

  1. Tes articles sont toujours aussi intéressants… et je te remercie de résumer aussi efficacement l’actualité suisse qui nous concerne . Du coup, j’apprends que pour avoir le permis c, on va en baver : Surtout avec mon niveau d’allemand qui décolle difficilement et je ne parle même pas du schweiz-deutsch. Tu savais qu’au tribunal de Bern, les audiences sont en patois? Dingue! ils font un effort en haut-allemand si il y a un étranger ou si c’est demandé. Imagine un peu au tribunal de Nantes, une condamnation en Breton. Évidemment avec ma façon de penser, je ne suis pas prête pour l’intégration parfaite. De plus, (et là je glisse vers la futilité qui me caractérise, j’ai honte après ton article) “dans le cercle familiale” (soit 2 pers) on lutte quotidienne contre l’invasion de la saucisse dans notre frigo et c’est une façon “d’imposer des points de vue en contradiction avec notre État “. Tu peux pas comprendre comme l’intégration est difficile de ce coté de la frontière du Rösti 😉
    Une question : pourquoi le petit picto qui m’est désigné a l’air malade?

  2. Bon, ne paniquons pas. Tu as encore pas mal d’année pour intégrer le Schwiizertüütsch et en cas d’échec, tu peux toujours venir de notre côté. Pour le picto, cela doit être aléatoire selon ton adresse IP je pense. Dr Caso en a un personnel, j’aimerais bien savoir comment elle a fait.

  3. Ben ça a jamais été facile d’avoir le permis C, déjà (et le B, n’en parlons pas!!). Mes parents l’ont eu très difficilement alors qu’on se faisait un petit papet vaudois tous les dimanches 😉 Peut-être était-ce parce que mon père est prof et ne gagnait pas assez d’argent, ou parce qu’on était 4 enfants et ça fait un peu “chenit” tous ces mioches… Toujours est-il que 20 ans plus tard, toute la famille est suisse (même si ça aussi ça a été épique comme histoire)!

    Pour le picto, je sais pas, j’ai un compte google/blogger avec ce picto et un compte wordpress aussi, donc c’est l’un des deux qui marche sur ce blog…

  4. Ah, en fait, si tu as un compte wordpress (ou autre chose, probablement), tu peux changer les pictos des gens (là tu as les wavatars, et chez moi, j’ai les identicons, pour les visiteurs sans images, c’est plus joli ;)). Tu peux probablement changer ça, déjà.

  5. Il est certain que si vous traitez le “bärndütsch” de patois, c’est mal barré pour l’intégration !!! :-)))) Pour les Bernois, il s’agit tout simplement de leur langue, l’allemand étant une langue étrangère (de plus). Au Grand Conseil bernois, les débats parlementaires sont également en alémanique (avec traduction simultanée en français pour les députés Jurassiens bernois) et ça ne choque personne. Je ne trouve pas que cela soit si difficile, il m’a fallu cinq à dix ans pour à peu près le maîtriser – les portes s’ouvrent d’ailleurs très vite à ce moment-là (aha-Erlebnis comme disent les Allemands).

  6. Dieu merci, l’intégration linguistique qui me sera demandée est de parler couramment l’italien (et c’est déjà le cas) et quant au dialecte local (que mon mari parle avec ses parents et que je comprends sans difficulté même si je ne le parle que peu) il n’est pas requis. Savoir l’allemand est un bonus dans les Grisons italiens parce qu’il y a beaucoup d’Allemands et d’Alémaniques qui viennent en vacances mais on ne me demande pas de savoir le schwitzerdüütsch et heureusement! À Coire quand j’ai des démarches administratives à faire je parle italien, nous sommes dans un canton trilingue après tout.

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