Les minorités très visibles en Suisse

En passant par Neuchâtel hier, j’ai été frappé par le nombre de drapeaux portugais aux fenêtres sortis à l’occasion de l’Euro 2008. Rares étaient les immeubles qui n’avaient un ou plusieurs drapeaux rouge et vert, à croire que la moitié de la population était originaire de la péninsule; pas étonnant dans ce cas que leur équipe nationale soit hébergée dans cette ville.

Certes, il y avait également deci delà un drapeau italien ou français mais la majorité était bien portugaise, en dehors des suisses bien sûr. C’est la première fois que je vois aussi visiblement la population étrangère ou d’origine étrangère en Suisse, une vraie opération de force involontaire, le jour même où le peuple suisse rejetait massivement par votation la proposition de l’UDC de soumettre au vote l’obtention de la nationalité.

Je crois que les Suisses, en leur for intérieur se rendent compte que sans les étrangers, le pays s’écroule. Il n’est qu’à consulter les données sur la population active étrangère en Suisse qui a progressé de 4,2% sur un an, pour se situer à 1,179 millions sur une population active totale de 4,469 millions! (merci Travailler en Suisse pour les réf.).

Je me demande s’il n’aurait pas mieux valu consulter les Suisses sur la possibilité de raccourcir le délai d’attente pour obtenir la citoyenneté; une période de cinq ans me semble raisonnable. En tout cas, pour l’instant, on peut voir trois drapeaux sur mon immeuble: un portugais, un suisse et un…français.

Related Posts with Thumbnails

8 thoughts on “Les minorités très visibles en Suisse”

  1. Ouh, fais attention, avec tes trois drapeaux :o). Le dernier listé, ben…, comment dire…, on aime bien les Français, mais en foot…, en général on aime bien qu’ils se fassent écraser. Par n’importe qui :o). Et pourtant, je ne suis pas footophile, mais alors pas du tout. Mais je crois que c’est un sentiment assez répandu, en Suisse romande: on essaie à tout prix de se distancer du grand voisin. Comme les Suisse allemands le font avec l’Allemagne, sans doute.

    Bon, avec trois drapeaux, tu brouilles un peu les pistes et du coup, on te pardonne un peu…

  2. Dr Caso, vrai mais je vois la votation plus approprié pour les mini-référendum suisses.
    Frédé, on va tâcher de les décevoir. En plus je ne suis pas seul: l’ambassade de France évalue le nombre de Français en Suisse à 200 000, l’immense majorité en Romandie. Donc environ 13 à 14 % des Romands seront pour la France.

  3. Soupir… Mon mari est français mais s’il est pour la France, c’est juste pour m’enquiquiner. Importé du 78 depuis une dizaine d’années, il est comme un poisson dans l’eau. L’un de ses meilleurs amis le trouvait déjà très “suisse” :o) avant, donc tout baigne point de vue intégration.

    Oui, essayez de nous décevoir, c’est le jeu, tout de même ! Bonne chance

  4. “Je me demande s’il n’aurait pas mieux valu consulter les Suisses sur la possibilité de raccourcir le délai d’attente pour obtenir la citoyenneté; une période de cinq ans me semble raisonnable.”

    Le parlement fédéral se fiche de ce qui vous semble raisonnable (c’est de lui que doit partir l’initiative de modifier la Loi fédérale
    sur l’acquisition et la perte de la nationalité suisse – à moins d’une initiative populaire visant à modifier la Constitution). Et aussi bien le Conseil national que le Conseil des Etats sont très largement dominés par l’UDC et les parties les plus conservatrices du parti radidal/PDC, ce qui finalement reflète la situation politique du pays. Il n’y aura pas de changement dans ce domaine, ni à court ni à moyen terme, hormis peut-être un durcissement en ce qui concerne la naturalisation facilitée (crainte des mariages blancs). Je vous rappelle qu’il y a quelques années la votation sur la naturalisation facilité de la 2e et de la 3e génération (qui aurait introduit une dose de “droit du sol”) a essuyé un échec cinglant.

    De plus, pour ce qui est de la procédure, ce sont les communes qui la règlent. Il y a autant de procédures que de communes dans notre pays, parfois c’est le législatif (généralement en Suisse centrale), parfois l’exécutif (en ville de Berne) qui octroie le droit de cité, et les critères varient du tout au tout. Certaines communes de mon canton (Berne) exigent une maîtrise du patois alémanique, d’autres non, parfois il y a un test (Ostermundigen), parfois on passe devant une commission, c’est vraiment très variable. Il y a certaines questions franchement “piège” ou débiles (citez-nous trois bistrots où on mange bien… à Rubigen!!!).

    Ce n’est qu’une fois obtenu le droit de cité de sa commune que l’on peut solliciter le droit de cité cantonal, lequel entraîne la nationalité suisse.

    Bref, c’est un truc vaguement moyennâgeux, mais auquel la majorité, surtout en Suisse alémanique, est très attachée.

  5. Une chance donc que je n’habite pas en Suisse alémanique. La procédure doit être plus facile dans une grande commune, où je compte m’installer un jour. Je pense que dans ce cas cela sera l’exécutif qui rendra sa décision.

  6. Oui, c’est beaucoup plus facile en Suisse romande, surtout dans le canton du Jura (de loin le plus ouvert, le plus “gauchiste” [humour] de Suisse). C’est généralement l’exécutif qui décide (sauf quelques rares communes du Gros-de-Vaud ou du fin fond du Valais), sans tracasseries ni inquisition excessive, très administratif au fond. Il faudra quand même compter un an à un an et demie.

    Je travaille pour l’Etat (canton de Berne), n’hésitez pas à me contacter pour tout détail, je connais bien la procédure.

  7. trazom, on voit des inscriptions parfois avec inscrit: Jura, terre d’asile. Mes collègues m’ont raconté qu’il y a eu quelques naturalisations ces dernières années dans le village et que cela n’avait jamais posé aucun problème.
    Cela dit on a le temps mais on te contactera le moment venu car on ne sait pas encore dans quel canton on sera.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *