Juin, le mois des assassins

Petite digression politique américaine.
Je n’avais déjà pas beaucoup de sympathie pour Hillary Clinton, mais aujourd’hui, je suis dégouté par sa bassesse et par ces “gaffes” de plus en plus fréquentes. Elle est vraiment prête à tous pour arriver à ses fins. Sa dernière intervention a révélé le fond de sa pensée: ce n’est pas avant juin que son mari avait remporté l’investiture (jusque là tout va bien) et c’est en juin que Robert F. Kennedy a été assassiné…sous entendu tout peut arriver et mon opposant pourrait bien se prendre une balle, ce qui me permettrait de revenir.

Keith Olbermann, talentueux journaliste de MSNBC se fait l’écho de la colère et de l’émotion du pays. Le mot “assassination” est inacceptable quelle que soit la raison invoquée, surtout lorsque la course à l’investiture a des relents nauséabonds d’histoires de races. Sous entendre que le meurtre de son opposant pourrait être une occasion d’être relancée dans la course est indigne d’une sénatrice et d’une candidate à la présidence. L’invoquer même est se moquer de l’histoire violente des Etats-Unis et du meurtre de nombreux leaders par le passé et c’est mal comprendre l’âme des Etats-Unis que d’espérer ce genre de tragédie en pleine campagne politique. Le journaliste continu: “Ne pensez-vous pas qu’Obama pourrait simplement décider de se retirer pour telle ou telle raison?”.

La sénatrice a ensuite tenté un semblant d’excuse: “Je regrette si ma référence à ce moment traumatisant pour notre pays tout entier -et en particulier pour la famille Kennedy-a été offensant de quelque façon que ce soit. Je n’en avais certainement pas l’intention”. Seulement elle ne s’est pas excusé auprès d’Obama et en aucune manière a-t-elle avoué qu’elle avait simplement fait une erreur. C’est pour le moins un manque de considération à deux semaines de l’anniversaire de l’assassinat de Robert Kennedy et à trois jours de l’hospitalisation de son frère Ted. Même si on était indulgent à son égard, il est troublant qu’elle ait déjà suggéré cette même idée d’assassinat dans Time magazine en mars. A l’époque, les mots imprimés n’avaient pas trop attiré l’attention alors qu’en vidéo, cela parle plus aux gens. Même sur les shows de Jay Leno et de David Letterman ne se sont pas permis de plaisanter sur ce sujet.

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One thought on “Juin, le mois des assassins”

  1. Je ne dirais pas exactement que Olbermann “se fait l’écho de la colère et de l’émotion du pays.” Il est le genre de journaliste qui obtient offensé à tout et tempête chaque nuit. Franchement, à ce point la plupart des gens sont tellement fatigués du processus de nomination que nous devenons un peu hébété aux gaffes. La réaction publique n’était pas aussi forte qu’elle aurait été, probablement, si elle l’avait dis en mars ou avril.

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